La première édition de MondayTime Rugby, mise en ligne en novembre 2019, rassemble sur son plateau plusieurs techniciens emblématiques du paysage rugbystique provençal et gardois. Karim Sarroub et Ivan Vaufreydaz animent les échanges.
Autour de la table prennent place Philippe Laborde, entraîneur de l'ASBC Bédarrides Châteauneuf-du-Pape, Natcho Bouali, aux commandes du Rugby Club Châteaurenard, Gérald Boileau pour le Rugby Club Les Angles Gard Rhodanien et Bruno Belguiral pour le BCI XV de L'Isle-sur-la-Sorgue, rejoints par Jean Marc Pigeaud en invité d'honneur. Ensemble, ils dressent un état des lieux sans détour des joutes de Fédérale 1 et de Fédérale 3 avant de commenter les retombées du Mondial nippon.
La course au maintien en Fédérale 1
Au sein de la poule 2 de Fédérale 1, les deux formations vauclusiennes et buccorhodaniennes se côtoient avec treize points au compteur. Revenant sur le revers concédé sur la pelouse de Bourgoin (33 à 15), Philippe Laborde souligne les progrès de sa défense et l'intégration de jeunes éléments, malgré l'usure physique laissée par le duel précédent face à Bourg-en-Bresse. Pour Natcho Bouali, le report du déplacement à Castanet en raison des intempéries constitue un contretemps fâcheux qui alourdit le calendrier de décembre, même si la victoire fondatrice décrochée contre Bourg-en-Bresse a insufflé une dynamique positive à ses troupes.
Les deux techniciens s'accordent sur le niveau relevé d'une compétition scindée entre prétendants au haut de tableau et candidats à la survie. Selon leurs calculs, cinq à six succès pourraient suffire pour assurer le renouvellement du bail à ce niveau, une exigence moindre que lors de l'exercice antérieur. Les échéances immédiates s'annoncent cruciales, qu'il s'agisse de la réception de Mazamet pour Bédarrides, de la venue de Narbonne à Châteaurenard ou du derby très attendu face à Nîmes avant la trêve hivernale.
Dynamique positive et vivier local en Fédérale 3
Dans la poule 6 de Fédérale 3, les représentants régionaux affichent de solides ambitions après un départ réussi. À la tête du Rugby Club Les Angles, Gérald Boileau apprécie la prestation aboutie de ses joueurs victorieux d'Aix (35 à 13). Après une relégation difficile, le technicien privilégie le jeu et le volume ballon en main, s'appuyant sur l'investissement de ses avants. De son côté, Bruno Belguiral savoure le précieux succès obtenu à Uzès (35 à 16) par L'Isle-sur-la-Sorgue, tout en rappelant la dangerosité d'une poule très homogène où chaque voyage, notamment au Mourillon, exige une vigilance constante.
Les échanges mettent également en valeur le rôle moteur de la formation locale. Jean Marc Pigeaud salue l'éclosion de jeunes joueurs régionaux, en évoquant notamment les liens entre la formation à L’Isle-sur-la-Sorgue et les joueurs qui évoluent ensuite à Châteaurenard. Les intervenants louent le travail de fond accompli par les écoles de rugby et soulignent des initiatives collectives remarquables, telle que l'entente sportive conclue pour les jeunes entre L'Isle-sur-la-Sorgue et Cavaillon.
Les enseignements du Mondial japonais et les règles de plaquage
Le débriefing de la Coupe du monde 2019 suscite des analyses lucides. Natcho Bouali et Philippe Laborde déplorent le manque de régularité du XV de France, coupable d'erreurs tactiques fatales face aux Gallois après une entame pourtant prometteuse. Interrogé sur l'expulsion de Sébastien Vahaamahina en quart de finale, Jean Marc Pigeaud refuse de faire du deuxième ligne l'unique bouc émissaire de l'élimination, pointant plutôt les défaillances collectives et les choix stratégiques sur la dernière mêlée défensive.
L'impressionnante domination physique des Sud-Africains face aux Anglais en finale recueille l'admiration unanime du plateau, tout comme le jeu d'évitement et de vitesse proposé par la sélection japonaise. Enfin, les entraîneurs s'interrogent sur les nouvelles directives arbitrales encadrant le plaquage. Tout en approuvant la priorité accordée à la santé des athlètes, ils remarquent que l'évaluation des contacts à vitesse réelle devient délicate lorsque le porteur du ballon abaisse son centre de gravité juste avant l'impact.
